Avortement - Interruption de grossesse : Pour le droit au libre choix

Source: COURRIER USPDA no 56, janvier 2002

Le droit de la femme à l’autodétermination doit être accepté

NON à l’extrémisme - OUI au régime du délai

Par 156 voix contre 8, le Conseil national a rejeté le 13 décembre l’initiative anti-avortement absurde portant le titre trompeur «Pour la mère et l’enfant». Cette initiative sera probablement soumise au vote populaire le 2 juin 2002, en même temps que le régime du délai.

C’est très rare que le Parlement fasse subir un sort aussi cinglant à une initiative populaire: au Conseil des Etats, l’initiative anti-choix n’a pas reçu la moindre voix, alors qu’au Conseil national huit personnes seulement lui étaient favorables.

En langage clair

Au Conseil national, le contenu extrémiste de l’initiative a aussi été fustigé par les milieux bourgeois. On a parlé d’enfantement forcé, de fondamentalisme, de mépris de la personne. C’est à se demander "si nous ne sommes pas en face des Talibans de notre démocratie" a déclaré le conseiller national Jacques-Simon Eggly.

Une interdiction totale de l’avortement – même après un viol – reflète le sadisme, blesse la dignité humaine et méprise la femme et son droit à l’autodétermination. L’interruption de grossesse est une question de conscience personnelle. Les personnes qui ne sont pas concernées n’ont pas le droit de s’ériger en juge, encore moins celui d’imposer leurs propres convictions à autrui. Le simple bon sens commande le rejet de l’initiative a précisé la conseillère nationale Christine Wirz-von Planta.

Le danger nous guette!

Avec ses exigences extrêmes, cette initiative n’a aucune chance devant le peuple. En 1985, une initiative similaire «Pour le droit à la vie» – pourtant formulée de manière moins extrême – n’avait obtenu que 31% des voix. Une autre initiative, due aux mêmes milieux, «Pour une procréation respectant la dignité humaine» n’était parvenue en mars 2000 qu’à 28%, malgré quelque soutien du camp rouge-vert.

Toutefois, le fait que l’initiative soit soumise au peuple en même temps que le régime du délai est dangereux, car le risque du double non est bien réel.

Il est donc indispensable de conduire une campagne dynamique et forte en faveur du régime du délai.

Ne nous laissons pas dominer par les fondamentalistes!

Notre engagement est indispensable. Si on peut en croire les sondages, une majorité de la population dit oui au régime du délai. Toutefois, les résultats d’une votation sont toujours impondérables. Il nous faut convaincre les indécis et, surtout, mobiliser les personnes favorables.

Ce ne serait pas la première fois que l’abstentionnisme ferait pencher la balance du mauvais côté, car une chose est sûre: les fanatiques à l’esprit missionnaire iront, eux, voter! Par leurs campagnes d’affiches et leurs collectes de signatures, ils ont déjà montré qu’ils sont prêts à agir, personnellement et financièrement, jusqu’à l’extrême.

Nous ne pouvons pas permettre que les fondamentalistes et les conservateurs rétrogrades aient le dessus uniquement parce que beaucoup de personnes pensent que l’affaire est gagnée d’avance et que la campagne n’a pas besoin de leur appui.

30 ans c’est assez: oui au régime du délai!

Si le peuple devait refuser le régime du délai, les choses ne resteraient pas simplement inchangées; c’est un grand pas en arrière qui nous menace.

Unissons-nous pour éconduire massivement le fondamentalisme et pour que le régime du délai s’impose enfin – la discussion dure depuis 30 ans, ça suffit maintenant!

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